Ardoisière de Coat-Maël

L’ardoisière de Coat-Maël est déclarée en 1889 par Guillaume Caillebot, cultivateur à Maël-Carhaix. L’exploitation débute à ciel ouvert. En 1912, la société Camus et Cie rachète la carrière et modernise les installations. Deux puits sont alors exploités par une vingtaine d’ouvriers. Au cours des années 1920, les puits atteignent une soixantaine de mètres de profondeur. La demande est très forte et les ouvriers produisent jusqu’à 150 000 ardoises par an. En 1931, la société décide de fermer définitivement la carrière, officiellement en raison du loyer trop élevé demandé par les propriétaires du terrain. Toutefois, l’arrêt intervient alors que les deux puits ont atteint la même profondeur, ce qui peut laisser supposer que des problèmes d’extraction et d’évacuation des eaux ont aussi été rencontrés.
De cette activité prospère ne subsistent plus que quelques vestiges de bâtiments, une centrale hydroélectrique, la cantine, une salle des machines, gagnés par le lierre et la ronce, et les bouches béantes des puits aujourd’hui inondés.

Plan de surface de l'ardoisière en 1925

Reconstitution 3D

Les connaissances des techniques d’extraction, du nombre d’ouvriers, des conditions de sécurité nous sont apportées par les plans et procès-verbaux de visites régulières de l’inspecteur des Mines. Parfois à la suite d’accidents, peu nombreux dans cette exploitation, l’inspecteur, en décrivant les circonstances, donne de précieux renseignements complémentaires (mécanique, éclairage, explosifs utilisés …)

Voici 2 reconstitutions des puits de Coat-Maël à deux époques différentes.

Puits 1912

1912, en début d’année, l’exploitation est classée en « carrière à ciel ouvert ». La forme de l’excavation, large au fond et resserrée en surface, est caractéristique d’un puits « bouteille ». Les blocs de schiste sont remontés par un treuil à vapeur. « Un câble amarré au fond de chacun des puits et relié au chevalement de surface guidait une poulie tractée par un second câble. Les blocs étaient suspendus à l’axe de la poulie ». 24 ouvriers travaillent à l’ardoisière. Il y a 8 fonceurs (mineurs) pour 16 fendeurs.
L’exploitant, Victor Camus,  demande cette année-là une requalification en « carrière souterraine » afin de pouvoir ouvrir galeries et chambres d’exploitation vers l’est.

Puits 1924

1924. Les deux puits ont atteint une soixantaine de mètres de profondeur. Des galeries lancées vers l’est mènent aux chambres où l’exploitation se fait « en remontant ». Les déblais sont abandonnés au fond. L’eau est pompée régulièrement, cependant la puissance des pompes ne permet pas une remontée directe jusqu’à la surface. Elle est donc stockée à mi-pente dans des réservoirs avant d’être re-pompée.
L’exploitation fonctionne grâce à une trentaine d’ouvriers avec une répartition normale de 1/3 de fonceurs pour 2/3 de fendeurs et manœuvres.