Le patrimoine religieux

L’église Saint Hernin

XVIe – 1894-1900 ; granit et schiste
L’église a été construite au XVIe siècle, à l’initiative du seigneur de Quelen. La légende dit qu’elle a été construite à l’emplacement du tombeau de saint Hernin. De l’église primitive, il ne demeure que le chœur (1572) et le transept (fin XVIe siècle). La restauration de la fin du XIXe siècle (1892-1900) concerne la nef et le clocher. Une plaque en schiste, placée au-dessus de la baie du transept sud, porte une inscription attestant ces restaurations accomplies selon les plans de l’architecte Le Guerranic, de Saint-Brieuc. En 1900, c’est la fin des travaux de l’église, le maire signe le certificat, «constatant de notoriété publique que la flèche penche du côté sud».

A l’intérieur de l’église, on peut observer la roue à carillons (ou roue de fortune), la chaire à prêcher à laquelle on accède par un pilier creux, la maîtresse-vitre consacrée à la Passion du Christ ainsi que le retable dit de la Pitié du Père.

Intérieur de l’église

La maîtresse vitre

1572-1801, Classée M.H. en 1911
Réalisée par un atelier guingampais, elle est signée par les peintres verriers, Guillaume Marchand et Alain Jezequel. Elle a été partiellement restaurée par Laigneau vers 1861. La Passion du Christ, sa résurrection et le jugement dernier y sont représentés, surmontés d’une douzaine de blasons. L’iconographie est d’inspiration traditionnelle. De nombreux détails dans le décor des armures, les culottes à plis rentrés ou le motif géométrique qui orne le tombeau du Christ montrent clairement l’influence de la Renaissance, mais un certain nombre d’autres éléments du costume, les visages (traits durs et marqués dans l’ensemble, dans la lignée de Dürer) ou les anges recueillant le sang du Christ restent dans la tradition du Moyen Âge.

La chaire à prêcher

XVIe siècle, Bois, Classée M.H. en 1911, puis en 1978, après avoir été démontée et restaurée.
Les chaires à prêcher se développent au XVIIe siècle : elles contribuent à donner une meilleure visibilité au prêtre, en particulier au moment du sermon. La première datation de la chaire est devenue obsolète lorsque, sous les panneaux sculptés du XVIIe siècle, a été découvert l’ensemble initial du XVIe siècle. L’accès à la chaire du côté nord de la nef se fait par un escalier placé dans un pilier creux. Elle est supportée par un personnage qui la tient à bout de bras, et l’abat-voix est dominé par un ange jouant de la trompette.

Les panneaux sculptés

XVIIe siècle, Bois, Classés M.H. en 1978
Ces six panneaux ont été enlevés de la cuve de la chaire à prêcher lors de sa restauration en 1978. Ils sont dits d’origine flamande. Ils représentent plusieurs scènes de la Passion : différentes scènes : Jésus devant Pilate, l’Ecce Homo, la montée au Calvaire, la descente de la Croix, et la mise au tombeau. Entre chaque panneau sont sculptés des cariatides et 5 Atlantes grimaçants (thème à la mode au cours de la Renaissance avec redécouverte de l'Antiquité gréco-latine).

Le retable de la Pitié du Père

1679, Classé M.H. en 1926
Ce retable a été réalisé par l’atelier d’un sculpteur de Laval, Marc du Rufflay. L’inspiration plutôt savante laisse à penser que l’auteur a travaillé d’après gravures. Il a été restauré : le tabernacle a été remanié, des reliefs manquent et des statuettes ont été déplacées.
Il est composé d’une partie centrale en avancée comprenant deux étages à trois niches, flanquées de chaque côté par deux niches superposées. Des colonnettes enroulées de feuillages séparent les niches. Le tout est entouré d’un cadre de moulures ornées de feuillages et de rubans, qui se termine par un fronton en plein-cintre. L’autel, qui sert de support, est décoré d’angelots et d’un agneau couché sur la Bible, symbole du sacrifice et de la résurrection. Le retable est surmonté par un ensemble en bois polychrome du XVIIe représentant la Trinité : Dieu le Père sur son trône, Jésus et la colombe représentant le Saint-Esprit.

La Piéta

XVIe - XVIIe siècle, Granit polychrome, Classée en 1911
Cette Vierge de Pitié (inscription Itron Varia Drue) est figurée juchée sur des crânes et des tibias, et entourée des armes de la famille de Quelen ainsi que d’un ange en pleurs ou de saint Jean. Son corps est très massif et disproportionné, le Christ est très petit en proportion. L’intérêt de la sculpture réside dans le traitement du visage, très expressif, on y lit la tristesse et la douleur d’une mère devant la mort de son enfant.  

La roue de fortune

XIXe siècle, Bois, bronze, fonte
Elle était utilisée les jours de fête (baptême, mariage, pardon…) pour invoquer la protection de saint Hernin. Elle est aussi appelée roue de la fortune car les fidèles la faisaient tourner pour demander des faveurs au saint. Elle porte 11 clochettes aux sons différents. En général, la roue est placée sur le mur nord du transept, face au porche principal, là où la diffusion du son se fait généralement le mieux. Il ne subsiste que 7 roues à carillons en Bretagne (Confort-Meilars (29), St-Nicolas de Priziac (56), Magoar (22), N.D.du Ruellou à St-Nicolas-du-Pélem (22), Kerrien (22), Laniscat (22).

Reliquaires

Buste reliquaire de saint Hernin, fin XIVe – début XVe siècle, classé MH en 1948

Âme de bois, argent ciselé, repoussé, en partie dorée
Le traitement schématique de la chevelure, du nez et de la bouche, place ce buste dans la suite des œuvres comparables des XIIIe et XIVe siècles. En revanche, l'image réaliste de cet homme d'un âge mûr, dont l'autorité est suggérée par le visage anguleux et la carrure dégagée des épaules, reflète les progrès accomplis au cours du XIVe siècle dans l'art du portrait. Les initiales I.D. surmontées d'une couronne pourraient être celles de l'orfèvre Jean Dieu connu pour certains travaux réalisés autour de 1430 à la cathédrale de Tréguier. La relique de saint Hernin, authentifiée très tardivement (1859) par l’évêque de Saint-Brieuc, est conservée dans la lunule ovale au sommet du crâne.

Bras reliquaire, XVe siècle, classé MH en 1948

Âme de bois, argent
La composition est simple et sobre : le bras est représenté levé, main ouverte. Le pli de la manche révèle le savoir-faire de l’artiste. Le décor est réduit : il consiste en ornements végétaux sur le galon de la manche et autour de la niche reliquaire.  Cette dernière se situe sur la face interne du bras et contient une relique de saint Hernin. Les pièces sur la paume et au-dessus de la niche semblent marquer l’emplacement de pierreries disparues. L’évêque de Saint-Brieuc a apposé son sceau le 18 novembre 1859 lorsqu' on a fragmenté la relique pour la partager avec la commune de Saint-Hernin (29).

Chapelles

Chapelle Sainte-Barbe

1663, Granit
Elle est dite aussi « Chapelle neuve ». La légende dit qu’elle fut construite en une nuit par le diable en échange de l’âme du premier paroissien qui franchirait la porte. Au matin, une femme voulut entrer dans la chapelle, mais une voisine l’appela et seule son ombre franchit le seuil. Le diable dut s’en contenter et la femme vécut sans son ombre.
La croix est moderne, le socle, plus ancien, a la particularité d’être octogonal.

Chapelle Notre-Dame des Fleurs

XVIIe siècle, Granit et schiste
Appelée Chapel ar Bleun, Itron varia ar Bleun en breton. Construite au XVIIe siècle, elle conserve un fenestrage du XVIe siècle.
Lors de la restauration de l’autel en 1972, la pierre d’un dolmen fut découverte sous ce dernier. Il sert depuis de table d’autel. Avec ce vestige du Néolithique se trouvaient des restes de la balustrade du chœur et des statues de la Vierge et de saint Joseph, tous deux portant le Christ.

Chapelle Saint-Gonery

Reconstruite en 1954 sur le site de l’ancienne chapelle de la maison seigneuriale de Quelen, elle comporte des éléments anciens : chevet et rosace.
Saint Gonery est venu de Grande-Bretagne au VIe siècle en même temps que sa mère, sainte Eliboubane. Il est enterré à Plougrescant dans la chapelle Saint-Gonery (XVe siècle) où l’on peut voir son sarcophage. Son pardon a lieu le 4ème dimanche de juillet.